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BONNE ANNÉE 2015
27-12-2013


Khmer Network présente ses meilleurs vœux de Bonheur à tous ses membres, ses lecteurs et à tout le peuple khmer.


Après l'année du Cheval qui s'achève le 19 février 2015, nous allons entamer un nouveau cycle sous l'égide de la Chèvre. Cette année va connaître un climat plus nuancé que 2014, après bien des prises de conscience, le temps est venu d'explorer les méandres de la nature humaine et de composer avec plus finement encore, avec davantage de subtilité. L'année 2015 va nous pousser à mieux transiger les uns avec les autres, à fraterniser davantage et à ouvrir les écoutilles de la tolérance, sans pour autant lâcher prise avec nos valeurs individuelles. Comprendre n'est pas forcément accepter, et cerner les sensibilités de fond d'autrui permet de créer des ponts entre soi et les autres. C'est également l'année de la réconciliation avec soi-même, les influx de la Chèvre vous aideront à accepter ce que nous sommes sans rejeter nos faiblesses pour autant, et à traiter avec elles et en définitive, en faire des forces.

Cette année 2015 est celle de la Chèvre, le rayonnement de cette constellation va apporter des facilités de compréhension, et de l'apaisement dans le monde relationnel. Les influx de la Chèvre apportent des facilités en matière de créativité, apaise les ego, et aide à adoucir les angles des difficultés d'ordre pratique par une meilleure cohésion entre les êtres et par une indulgence plus saine. Cela va considérablement adoucir votre vie, si vous acceptez ces effets positivement, c'est-à-dire sans arrêter pour autant vos combats. Les circonstances extérieures poussent en avant les grands idéaux, et incitent à faire preuve de davantage de créativité.

Sur le plan international, nous allons connaître des mouvements pacifistes d'importance, il est à prévoir un mouvement général de refus du conflit, de lassitude par rapport aux rapports de force qui va pousser nombre d'entre nous à chercher des modes de vie alternatifs, en harmonie avec la véritable nature le d'humanité et surtout, à les officialiser, les médiatiser.

Les natifs de la Chèvre sont sensibles, ils sont dotés d'un tempérament réceptif mais créatif. On trouve beaucoup d'artistes natifs de ce signe. Leurs indécisions sont sous tendues par un profond besoin d'harmonie avec leur entourage et de respect des valeurs d'autrui.

Le natif de la Chèvre aime à vivre ses passions en secret, et avec discrétion. Il a aussi une grande écoute envers autrui, ce qui peut devenir de la médiumnité parfois et ne supporte pas la rigueur pratique poussé à l'extrême. Cette année, ils auront surtout de grandes facilités à se libérer des carcans, dans tous les sens du terme, et à s'affirmer au travers de leurs réalisations qui vont, nous n'en doutons pas, nous adoucir la vie.




Rithy Panh, cinéaste khmer
20-08-2013


Nom de naissance : Rithy Panh
Naissance : 18 avril 1964
Phnom Penh, Cambodge
Nationalité : Franco-Cambodgien


Rithy Panh (khmer ប៉ាន់ រិទ្ធី), né le 18 avril 1964 à Phnom Penh au Cambodge, est un cinéaste franco-cambodgien.




 
Biographie

 

Son père, fils de cultivateur était un ancien instituteur devenu inspecteur d’école primaire.

Rescapé des camps de travail des khmers rouges dans lesquels il perdit ses parents et une partie de sa famille, Rithy Panh rejoint en 1979 le camp de Mairut en Thaïlande puis arrive en France en 1980.

Après une période où il essaye de rejeter tout ce qui pourrait lui rappeler le cauchemar dont il vient de sortir, jusqu’à la langue khmère, il décide de se consacrer à un travail de mémoire à travers le cinéma. Il abandonne alors ses études de menuiserie et entre à l’IDHEC dont Il sort diplômé en 1988.

Son premier documentaire, Site 2, traite déjà du Cambodge, et plus particulièrement des camps de réfugiés en Thaïlande. Le succès de cette première œuvre lui ouvre les portes de certains commanditaires au rang desquels on retrouve la chaîne de télévision franco allemande Arte et le groupe français Canal+5.

Après d’autres documentaires, eux aussi pour la plupart consacrés à son pays d’origine, il se fera connaître d’un public averti grâce aux gens de la rizière, son premier long métrage de fiction. Ce sera aussi le premier film cambodgien jamais présenté au festival de Cannes et il concourra pour la palme d’or.

En 1995, il est nommé coresponsable de l’Atelier Varan au Cambodge en vue de former de jeunes cinéastes aux documentaires.

Suivront de nouvelles œuvres qui toutes ont pour toile de fond un Cambodge qui a du mal à panser ses plaies et où Rithy Panh démontre son talent à immortaliser des tranches de vies dans lesquelles les protagonistes donnent l’impression de se livrer tout en oubliant la caméra.

Une nouvelle étape dans la notoriété sera franchie avec la sortie, en 2002 de S21, la machine de mort Khmère rouge qui est présenté hors compétition au festival de Cannes et qui traite du devoir de mémoire à une époque où le processus de mise en place des chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens est enlisé dans des querelles picrocholines entre le gouvernement cambodgien et l’Organisation des Nations unies

Suivront Les Artistes du théâtre brûlé, un documentaire lui aussi présenté hors compétition à Cannes qui traite de la difficulté qu’ont les artistes pour trouver leur place dans la société cambodgienne d’aujourd’hui, puis Le papier ne peut pas envelopper la braise, qui montre le sort cruel des prostituées de Phnom Penh avant de se lancer dans un nouveau genre, à savoir l’adaptation du roman de Marguerite Duras, Un barrage contre le Pacifique avec notamment Isabelle Huppert.

Parallèlement à ses films, Rithy Panh a initié la création d’un "Centre de Ressources Audiovisuelles du Cambodge", qui a été inauguré le 4 décembre 2006 et qui permettra au public cambodgien de consulter les archives collectées sur le Cambodge aux formats vidéo, audio ou photographique. Le Centre a été nommé Bophana en hommage à l’héroïne du film éponyme de Rithy Panh.


Le style Rithy Panh


Son œuvre est imprégnée du travail de mémoire et de la douleur des survivants du régime de Pol Pot. Il tente de retrouver la culture cambodgienne à travers le cinéma. Dans une interview réalisée en novembre 2005, il dit qu'« il s'agit pour le peuple cambodgien de se réapproprier son identité et ses racines ».

Cette ambition, déjà à l’œuvre dans S21, la machine de mort Khmère rouge, passe par le geste. Dans la même interview, Rithy Panh se dit intéressé par le fait que le corps humain intègre des gestes, au point qu’ils deviennent des automatismes. C'est ce qu'il a montré dans S21 en refaisant faire aux gardiens de Tuol Sleng leurs gestes d'alors. De plus, cette mise en scène non jouée par des comédiens, permet de refaire vivre ce qui n’est plus ; en l'occurrence, en filmant ces gardiens reproduisant ces gestes, les prisonniers étaient comme présents, virtuellement, et, dit Rithy Panh, il a failli sacrifier son film, car s'il s'était approché un peu plus du gardien, il aurait marché sur les prisonniers, et donc se serait trouvé du côté des khmers rouges.

Cette conception, importante autant pour le cinéma que pour le Cambodge et sa culture, semble lui faire penser que le cinéma pourrait permettre aux Cambodgiens de se « réapproprier leur identité et leurs racines », à travers le geste et la mise en scène du réel.

Filmographie

Sauf indication contraire, les informations proviennent de la page de l'Internet Movie Database consacré à Rithy Panh



Principales récompenses

 

1988 Le Passé imparfait Documentaire 
1989 Site 2 - Aux abords des frontières Long métrage Grand Prix du meilleur documentaire 1989 de la Scam au festival d’Amiens
1990 Cinéma, de notre temps : Souleymane Cissé Documentaire 
1994 Les Gens de la rizière (Neak Sre) Long métrage En compétition pour la palme d’or au 47e Festival de Cannes
1995 La famille Tan Documentaire 
1996 Bophana, une tragédie cambodgienne Documentaire Prix Planète Câble 1996 au FIDMarseille
1997 Un soir après la guerre Long métrage

En compétition au 51e Festival de Cannes dans la section Un Certain Regard
Prix de l’Office catholique international du cinéma et de l’audiovisuel 1998 avec mention honorable au festival du film de Mar del Plata
1997 10 films contre 110 000 000 de mines Court métrage 
1998 Van Chan, une danseuse cambodgienne Long métrage 
1999 La Terre des âmes errantes Documentaire Prix spécial TV5 pour le meilleur documentaire 2000 au Festival international du film francophone de Namur
Grand Prix et Prix Louis Marcorelles 2000 au Festival international du documentaire Cinéma du Réel
Prix Robert et Frances Flaherty 2001 au Festival international du documentaire de Yamagata
Allumette d’or 2001 au festival du film Amnesty International
Prix Golden Gate 2001 au festival du film international de San Francisco
Prix du meilleur documentaire 2001 avec mention honorable au festival du film international de Vancouver.
2000 Que la barque se brise, que la jonque s’entrouvre Téléfilm 
2002 S21, la machine de mort Khmère rouge Documentaire Prix François Chalais 2003 au 56e Festival de Cannes
Prix du cinéma européen 2003 du meilleur documentaire
Prix FIPRESCI et Colombe d'or 2003 au Festival international du documentaire et du film d'animation de Leipzig 

Plaque d'or 2003 du meilleur documentaire au Festival international du film de Chicago
Prix du meilleur documentaire 2003 au Festival international du film de Valladolid
Runner-up Prize 2003 au Festival international du documentaire de Yamagata
International Human Rights Film Award 2003 au International Human Rights Film Festival Nuremberg
Prix spécial du jury et nomination au cygne d’or 2003 du festival du film international de Copenhague
Prix Albert-Londres 2004
Prix du meilleur documentaire humanitaire 2004 au Festival international du film de Hong Kong
The Best Director Award et The Vaclav Havel Special Award for the film with the most significant contribution to human rights awareness 2004 au Festival One World de Prague
Prix des droits de l’homme 2004 au festival du cinéma indépendant de Buenos Aires
2003 Les Gens d'Angkor Documentaire 
2005 Les Artistes du théâtre brûlé Documentaire Présenté hors compétition au 58e Festival de Cannes
2007 Le papier ne peut pas envelopper la braise Documentaire FIPA d'or 2007 délivré par le Festival International des Programmes Audiovisuels dans la catégorie "Documentaires de création et essais"
Prix du cinéma européen 2007 du meilleur documentaire
2008 Un barrage contre le Pacifique Long métrage
2011 Duch, le Maître des forges de l'enfer Long métrage Présenté en séance spéciale au 64e Festival de Cannes
 Nominé au César du meilleur film documentaire en 2013 :
2011 Gibier d'élevage Téléfilm 
2013 L'Image manquante Long métrage Prix Un Certain Regard au 66e Festival de Cannes



Livres


Rithy Panh et Christine Chaumeau, La machine khmère rouge : Monti Santésok S-21, Paris, Flammarion, 4 mars 2003, 307 p. (ISBN 9782080684677) [présentation en ligne]
Rithy Panh et Louise Lorentz, Le papier ne peut pas envelopper la braise, Paris, Grasset, coll. « Documents Français », avril 2007, 319 p. (ISBN 9782246710011) [présentation en ligne]
Rithy Panh et Christophe Bataille, L’Élimination, Grasset, coll. « Littérature Française », 11 janvier 2012, 336 p. (ISBN 978-2246772811)
- Prix Essai France Télévisions[réf. nécessaire] 2012- Prix Aujourd'hui 2012- Prix Joseph Kessel 2012- Prix livre et droits de l'homme de la Ville de Nancy[réf. nécessaire], 2012- Grand prix des lectrices de Elle 2013

Récompenses

Outre les prix gagnés par ses films et ses livres déjà décrits ci-dessus, Rithy Panh a aussi été honoré à titre personnel :
1996 : Lauréat de la Fondation Groupama Gan[réf. nécessaire]
2006 : Prix pour l'ensemble de son œuvre délivré par la Scam[réf. nécessaire].
2007 : Prix France Culture Cinéma
2011 : Docteur honoris causa de l'Université Paris-VIII



Anecdote

Rithy Panh joue un rôle secondaire dans le film Holy Lola de Bertrand Tavernier.




 

PREAP Sovath
21-08-2013
Preap Sovath est né le 27 février 1972. A d'abord fait des études de commerce à l'Université du Cambodge avant d'être chanteur, contrat d'exclusivité avec Rasmey Hang Meas. A ses débuts, s'est fait remarquer notamment grâce à la chanson "Keih beh your bat". A beaucoup chanté en duo avec Him Sivorn. Apparaît de temps en temps dans les vidéos de karaoke. Actuellement un des chanteurs les plus connus et écouté particulièrement par les jeunes.







"Preap fait tout pour plaire à ses fans cambodgiens

 Par Dyna Seng
 
 La star la plus connue au Cambodge s’appelle Preap Sovath. Ce chanteur et acteur, très populaire dans son pays, a su séduire le public sur la longueur.
Preap Sovath est avant tout un chanteur mais il a aussi du talent devant les caméras. En plus d’apparaître dans les clips de ses chansons, il a joué dans plusieurs films, au point de recevoir en 2007 le Prix du meilleur acteur lors de la deuxième édition du Festival du film cambodgien. Pour Preap Sovath, le plus grand défi n’a pas été de devenir célèbre, mais de rester célèbre. C’est en tout cas ce qu’il a confié à RFI. De fait, au Cambodge, de nouvelles stars apparaissent tous les jours : elles naissent à la tombée de la nuit et disparaissent aussitôt le soleil venu, faisant place à de nouvelles stars les nuits suivantes… Rares sont les acteurs et actrices qui survivent plus de trois ans. Et pour cause, ils optent tous pour « le même style » et ne savent pas s’adapter aux goûts du public.
Contrairement à ces stars éphémères, Preap Sovath a su conserver sa popularité. Cela fait presque vingt ans qu’il est une vedette. Il a commencé à chanter en 1990, à un moment où le cinéma cambodgien n’était pas encore développé. En dehors des films étrangers, il n’y avait guère que les clips des chansons karaoké pour occuper alors les écrans des Cambodgiens. Preap Sovath, chanteur mais aussi acteur talentueux, a très vite rejoint Hang Meas, le plus grand producteur de clips karaoké du Cambodge, chez qui il est toujours.

 
 Débuts tardifs au cinéma
 D’année en année, Preap Sovath a su s’adapter aux goûts changeants de ses fans : il n’a pas hésité pour cela à changer le style de ses chansons et sa façon de jouer. D’ailleurs, il a tout chanté (de la pop, du rock, des chansons folkloriques khmères) et tout le monde peut se reconnaître dans ses clips, les jeunes, les moins jeunes, les citadins et les campagnards… C’est en 2005, au moment où le 7ème art cambodgien se développait pleinement, que Preap Sovath a décidé de mettre son talent d’acteur au service du grand écran. Il s’est retrouvé dans un film intitulé Le chasseur de crocodiles et pas pour jouer n’importe quel rôle, mais bel et bien celui du héros. C’était son premier film, ce fut aussi son plus grand succès au cinéma.
 Aujourd’hui au Cambodge, le marché du film est en déclin, en grande partie parce que les droits sur la propriété intellectuelle ne sont pas respectés : dès leur sortie, et parfois même avant, les films sont copiés et vendus à un prix imbattable. Du coup, les cinémas ferment les uns après les autres et les producteurs produisent de moins en moins. A trente-cinq ans, marié et père de trois enfants, Preap Sovath continue, lui, son petit bonhomme de chemin, sans cesser de séduire le public.



 Son succès, il le doit bien sûr à sa voix et à son talent d’acteur, mais aussi à la façon dont il gère sa vie privée. Une vie conjugale stable et solide est en effet primordiale dans une société traditionnellement aussi conservatrice que le Cambodge. Alors que la plupart des stars cambodgiennes sont souvent éclaboussées par des scandales liés à leurs relations extraconjugales, Preap Sovath est connu pour être un bon mari et un bon père de famille. C’est ce qui l’a épargné jusqu’ici. Et Preap Sovath compte bien poursuivre sa carrière, tout du moins dans un avenir proche : « J’aime l’art. J’aime ma carrière d’artiste puisque c’est elle qui m’a permis de sortir du néant pour devenir un homme célèbre ! »


Bio-express
 Officiellement, Preap Sovath est né en 1972 mais il a affirmé à RFI que sa véritable date de naissance était le 17 avril 1975, jour où les Khmers rouges sont arrivés au pouvoir au Cambodge et ont chassé des centaines de milliers d’habitants de la capitale.
 Il n’a jamais connu son père, tué pendant le régime des Khmers rouges, ni même vu sa photo. Ce chanteur et acteur est aussi un habile homme d’affaires."
 
 
Sources : http://www.rfi.fr/contenu/20100511-preap-sovath-fait-tout-plaire-fans-cambodgiens



Kram Ngoy ?
14-08-2013
Biographie de Kram Ngoy

par Khing Hoc Dy et Jacqueline Khing
Ngoy est né en 1865 au Khum de Kambaul, Srok de Phnom Penh (actuellement Srok Ang Snuol), dans le Khet de Kandal. Son nom véritable est Ouk Ou, Ngoy étant son surnom. Son père portait le titre de Cau banā dharmmādhārā ou chef de commune.
Sa mère, cousine de deuxième degré de ce dernier, était la fille du Cau banā Muk, chef de la commune de Spéan Thmâ de la même province.
Quand il était enfant, Ngoy fit ses études dans la pagode Ang Béng Châk de son village natal, dont le chef était son maître. Il était un très bon élève. Dès qu’il sut lire et écrire, celui-ci lui fit apprendre le Dharm pour l’admettre dans l’ordre religieux comme sāmaner ou novice.
A l’Age de vingt et un ans, le novice Ouk Ou dit Ngoy devint bhikkhu (moine). Après ses études dans l’ordre conformément à la tradition, il quitta l’habit jaune pour rentrer dans la vie séculière. Il se maria dans le Khum de Bèk chan Srok de Phnom-Penh, et eut six enfants dont un nommé Ācāry Chong. Alors même qu’il vivait dans cette commune comme simple paysan, Ngoy gagna la réputation d’être un orateur de grande habileté. Grâce à ses connaissances approfondies de la Loi bouddhique, les paysans le considéraient comme l’érudit de la région.
Il se montrait surtout ingénieux et intelligent dans la composition des vers, qu’il faisait avec une grande rapidité, ainsi que dans l’invention musicale. C’est en reconnaissance de son talent pour s’accompagner de sa cithare monocorde (sātïev) que les paysans le nommaient Bhiramy Ngoy. Plus tard, on lui donna le titre de Kram, qui distingue une personnalité choisie dans la commune pour faciliter les rapports entre les villageois et  l’administration. Kram Ngoy chantait ses poèmes en s’accompagnant de sa sātïev de village en village. La nouvelle de son succès auprès des paysans vint jusqu’à la capitale, où il chanta devant le samtec cakrī ou ministre de la guerre. Puis, notre poètechanteur “ fut présenté au roi Sisowath, qui charmé par ses chansons au sadiev, le récompensa par de l’argent. Le roi l’appela Préah Phirum Pheasa ”.
Jusqu’en 1975, on considère Kram comme un poète révolutionnaire qui a lancé des idées et des réflexions nouvelles et réalistes. Kéng Vannsak, qui était à même de juger son art, a rendu raison de son importance :
“ C’est justement cette tradition de réaliste critique et constructeur qui a permis l’éclosion d’un grand poète national khmer au siècle de la répression coloniale. C’est notre Kram Ngoy, véritable poète populaire et patriote. Les vers coulaient naturellement de sa bouche sous forme de chants qu’il accompagnait lui-même de sa guitare (sic) monocorde. Cette guitare, il la promenait partout avec lui, rythmant ses poèmes qui jaillissaient de son coeur compatissant et de sa conscience douloureuse... Il chantait la misère, la pauvreté et surtout le poids des impôts... Et cela sans aucune haine, mais avec un cri vibrant de douteur devant l’inertie, la paresse, l’ignorance et le manque de solidarité de ses propres compatriotes. Il ne pouvait croire que les Khmers vivant sur leur sol se laissaient dominer et exploiter par les riches commerçants chinois, lesquels “ arrivaient de Chine juste avec un pantalon sur les genoux”. Tout cela “ par la faute des Khmers eux-mêmes qui, par passivité, se contentaient de tout acheter sans rien produire ”. Il pleurait devant l’abrutissement de ses compatriotes à cause des superstitions et des croyances absurdes entretenues par des personnes intéressées. Il souffrait de voir les religieux eux-mêmes se disputer au nom du nouveau ou de l’ancien Dharma et cela pour la même doctrine de Buddha... Alors il exhortait ses compatriotes à la concorde, au travail, à l’étude, à la prise de conscience, et surtout à l’union nationale afin de mieux
résister aux difficultés de la vie et à la rapacité des étrangers.
L’écho du talent de Kram Ngoy arriva à G.Coedès, membre de l’Ecole Française d’Extrême-orient (EFEO) et grand khmérisant.
En 1930 ce dernier le présenta à Suzanne Karpélès, alors directrice de l’Institut Bouddhique de Phnom Penh. Elle fit noter les poèmes par un scribe au moment où Kram Ngoy chantait pendant plusieurs jours devant elle, en compagnie d’autres érudits khmers. Elle accepta de faire publier ces poèmes, et en
récompense elle donna une piastre à notre poète-chanteur.
“ C’était peu, mais énorme par la signification d’un tel geste presque historique qui montrait que les Français n’étaient pas tous des colonialistes, mais qu’il existait bien parmi eux de savants défenseurs de la culture nationale khmère ‘’.
Kram Ngoy est décédé en 1936 à l’âge de soixante et onze ans. Les recueils de ses poèmes publiés par l’Institut Bouddhique de Phnom Penh sont :
- Sec ktī ramlik tās’ tioeùn ou Exhortations et recommandations.
- Cpāp’ kerti kāl thmī ou Nouveau Cpāp’ Kertī kāl.
- Cpāp’ lpoek thmī ou préceptes nouveaux pour l’édification.
- Bāky Kāpy pratau jan prus srī ou Poèmes pour l’instruction des hommes et des femmes.
Ly Theam Teng, cité ci-dessus, a aussi publié un recueil des poèmes de Kram Ngoy (Pantām kram Ngoy).
Et puis l’éditeur Kim Séng a sorti un petit livre sans date comportant deux parties : l’une du même nom que le recueil de Ly Thea Téng, l’autre intitulé Cpāp’ tās’ tioen kūn cau ou Préceptes pour l’instruction des enfants. C’est cette édition du Pantām kram Ngoy qui fait l’objet de la présente étude.
Or ce Pantām a été chanté par Kram Ngoy et recueilli en 1935.
Il comporte 91 strophes en mètre brahmagīti, ce qui fait en tout 364 vers. Ce qui ne sera pas peut-être entièrement clair au lecteur Khmer, c’est que ce texte, dont le titre manque de toute indication explicite, appartient au genre des cpāp’ ou codes de conduite, à cause de sa structure ainsi que des thèmes dont il traite. Il s’aligne d’ailleurs avec les Cpāp’ thmī ou nouveaux en considération de sa date de composition, son ton contemporain et l’auditoire qu’il envisage.
Sous ces rapports il diffère des cpāp’ cās’ (ou purān), les codes de conduite anciens tels que le Cpāp’ kerti kāl, le Cpāp’ kūn cau, le Cpāp’ rājaneti, le Cpāp’ kram et le Cpāp’ hai mahājan.
Cette littérature a exercé un puissant attrait sur le peuple khmer jusqu’au XXème siècle.
Il faut remarquer qu’entre les cpāp’ anciens, qui peuvent être d’une sophistication formidable, et les textes de composition récente existe une distinction plus ou moins nette. Ly Theam Téng a noté dans la préface de sa
biographie que les cpāp’ thmī sont très simples parce que l’auteur parle de la vie courante des paysans de la pratique de l’agriculture, de la récolte du jus de palme, des procès relatifs à l’héritage, de la dispute entre les partisans du nouveau Dharm et de l’ancien Dharm, et ainsi de suite.
Ces cpāp’ nouveaux, dit-il, sont beaucoup plus faciles à retenir que les anciens, qui contiennent des idées profondes tirées des textes bouddhiques et des réflexions philosophiques.
Recueilli, comme nous l’avons vu, une année avant la mort du poète, le Pantām de Kram Ngoy est censé constituer les dernières recommandations qu’il a adressées au menu peuple khmer. La pertinence du recueil au Cambodge indépendant a été estimée si grande que l’ouvrage est entré dans le programme de l’enseignement secondaire du premier cycle en 1953.
La langue de ce cpāp’ est rigoureusement moderne, le style de l’auteur étant simple, direct et à la portée du grand public. L’ouvrage fait voir un double aspect :didactique et musical.
La versification est riche en allitération et assonances. Parfois on trouve des redondances d’une espèce ou d’une autre, telle que kamnoeut koet jā manuss (strophe 3) “naissance + naître + être humain” ; būj khlau min sūv prājā (strophe7) “ceux de lignée sotte ne sont pas assez intelligents” ; prāp’ samlāň’ buok māk mitt gū kan (strophe 50) “ dire aux amis + alliés + amis” ; et cūl rūň bhnam rūň guhā (strophe 76) “entrer dans les creux de montagne et dans les creux de caverne ”.
Le poète a recouru à ces figures rhétoriques à la fois parce qu’il était maître du style khmer et pour que l’auditeur puisse retenir sans peine les idées qu’il voulait avancer. En même temps, il accentue certains points spéciaux en mettant en oeuvre son art musical, notamment en joignant la technique vocale avec la technique instrumentale.
C’est le style de la littérature orale et populaire : le son et le sens sont associés. Originaire du peuple, Kram Ngoy a créé des oeuvres littéraires et artistiques pour le peuple.
Quant au contenu du texte, le poète ouvre son discours en recommandant aux jeunes gens d’apprendre à être vigilants, à calculer, à lire, à retenir le Dharm et à réfléchir (stophe 1-3). Il aime nous montrer des oppositions dualistes de divers types : entre les ignorants, les sots (prājň’, khlau) et les savants, les érudits (prājň, anak ceh); entre les honnêtes (trań’) et les menteurs (bhūt) ; entre les braves parents (ūbuk mtāy slūt trań’ ) et leurs enfants sots (kūn khlau) (strophe 4-8).
Il affirme que l’ignorance vient de la paresse (strophe13) en faisant la comparaison entre les religieux du temps du Buddha et les religieux de nos jours (strophe14-15). De la strophe 16 jusqu’à la strophe 68, il fait le portrait du paysan khmer et de ses relations avec les Chinois et Viêtnamiens. Ensuite il nous recommande de réfléchir dans la vie et de travailler sans arrêt (strophe 68). Même pendant le repos il faut réciter le Dharm conformément aux textes pâli (strophe 69). Puis vient un discours (strophe70- 81) sur les deux sortes de cas’ (aînés, anciens), d’où il conclut qu’il convient d’écouter et de suivre les anciens ou les parents qui ont des vertus religieuses (sīladān). Il faut également respecter les commandements moraux (sīl prām “les cinq préceptes”) (strophe82).
Par la pratique de cette morale bouddhique, nous pourrons éviter la souffrance et la détresse, même après l’expiration du monde actuel, parce qu’il y aura alors le cinquième Buddha, Brah Sī Āry, qui viendra nous sauver (strophe 81-90).


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